4 juil. 2018

Report : Rhoda Scott & Bernard Purdie + Marcus Miller @ Jazz à Vienne (03/07/18)



C'est au Théâtre Antique de Vienne, avec des milliers de convives que furent soufflées les 80 bougies de Rhoda Scott. La grande prêtresse de l'orgue revient en terres viennoises pour la quatrième fois dans une soirée aux allures de retrouvailles familiales.


Une célébration qui s'est faite aux commandes du Lady Quartet (qui a vu le jour en 2004, sur la scène de Jazz à Vienne) et avec en special guest l'immense batteur Bernard Purdie, dont le nom est accolé à la définition du groove. A l'affiche également le ponte de la basse, Marcus Miller, une des figures du festival.


Pendant que la Suède et la Belgique se qualifiaient pour les quarts de finale de la Coupe du Monde de football, la ville de Vienne, dans un autre registre, recevait deux effectifs menés par des internationaux américains, amoureux de la France et au palmarès plus que conséquent.

Coïncidence ou événement savamment orchestré ? Notre photographe Paul Bourdrel était sur place, initialement pour un album photo et revient avec des étoiles dans les yeux. Parce que Rédaction rime avec Délation, Le Gros Tas de Zik vous fait part de l’expérience vécue sur place !


Rhoda Scott's Lady Quartet & Bernard Purdie





Partie intégrante du paysage Jazz à Vienne et partageant une histoire intime avec le festival, celle qui s'est installée dans l'hexagone en 1967, a choisi d'y fêter sa double quarantaine avec sa formation et un batteur de légende.



Cela faisait un moment que je voulais rejouer avec Bernard Purdie mais il était toujours occupé. Maintenant que j'ai mis la main dessus, je ne lâche plus !
- Rhoda Scott (dans un français nickel)

"Toujours classe, espiègle et pleine de groove" furent les mots de Paul à l'issue du concert. Un show rempli d'amour des deux côtés de la scène. De la relation parrain-filleule entre Bernard Purdie, qui a des drum fills toujours aussi redoutables, et Julie Saury (batteuse du Lady Quartet) au Joyeux Anniversaire géant, chanté trois fois par le public, en passant par les surprises et hommages, les festivités ont largement dépassé le cadre du concert.




The Barefoot Lady (surnom dû à son habitude de jouer pieds nus), a été célébrée par son public et les personnes qui ont à un moment ou un autre croisé son parcours. Séquence musique et émotions en somme !


Marcus Miller





Ambassadeur du Jazz, aux multiples initiatives et projets, Marcus Miller n'est plus à présenter tant son actualité est en constante effervescence. Le bassiste récidive sans jamais se recycler. Venu présenter Laid Black, son dernier album sur Blue Note Records, il montre aux viennois une nouvelle facette et démontre que son art est en constant renouvellement.




Celui qui fut l'un des derniers compagnons de route de Miles Davis affiche la même volonté de mélanges des genres et de métissages du jazz. Maître du tapping et du slapping au solide répertoire, Miller, hors de sa zone de confort, a joué ce nouvel album inscrit dans le présent. Un nouvel opus dans lequel se trouvent des titres tels que Keep 'Em Running, lorgnant vers le rap/trap. 

Chose qui nous fait inévitablement penser à Doo-bop, l'ultime album de Miles, qui a marqué son rapprochement avec le hip-hop à la fin de sa vie...




Un hommage à William H, le père de Marcus Miller récemment disparu fut également rendu avec l’interprétation de Preacher's Kid, morceau qui relate son histoire, celle d'un père qui a mis de côté ses rêves de carrière musicale pour s'occuper de ses fils et leur transmettre cette flamme.

En plus de partager son histoire de et ses créations, Marcus Miller était aussi là pour les 80 ans de Rhoda Scott et lui fit la surprise en investissant la scène à ses côtés.

Un grand moment !



Mots : Alpha Diallo
Photos, vécu et émotions : Paul Bourdrel

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